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Cet article est volontairement publié à contretemps. Dans cette oppressante société de l'immédiat et du court terme, j'apprécie la prise de recul sur les événements afin d'en avoir une meilleure vision et d'en produire une analyse qui, je l'espère, sera pertinente.

Les élections municipales de 2020 se sont déroulées dans un contexte particulier, celui de l'épidémie du COVID 19. A Vichy, Frédéric Aguilera, le maire sortant, a été élu. Revenons sur les programmes des listes, les résultats, les enjeux, sous mon point de vue, celui d'un Vichyssois insoumis parmi d'autres.

LA SITUATION NATIONALE

Avant tout, ces élections n'auraient pas dû avoir lieu à cette date fatidique du 15 mars 2020. La veille des élections, le gouvernement annonce la fermeture des bars et restaurants, entre autres. Le 16 mars, le confinement est décrété. Puis, nous apprenons que le gouvernement avait conscience de la gravité de cette épidémie depuis au moins janvier, via notamment les révélations d'Agnès Buzyn, ex-ministre de la santé. Cette même Agnès Buzyn, au lieu de sonner l'alerte dès janvier, a préféré nous mentir sur la propagation de l'épidémie et sur la pénurie de masques. Le second tour des municipales est par la suite reporté à une date incertaine qui deviendra finalement le 28 juin. Avec le recul sur cet épisode, nous avons appris quelques semaines plus tard que nombre d'assesseurs et de présidents de bureaux de vote ont été contaminés par le COVID 19, ainsi que des militants. La tenue du premier tour a donc des relents criminels. Elle a également des relents antidémocratiques avec une abstention attendue et bien présente, alors même que ces élections sont habituellement prisées des Françaises et Français, la participation ayant dépassé les 60 % en 2008 et 2014.

LA SITUATION A VICHY

Les listes

A Vichy, trois listes étaient candidates, sans surprise :

Composition et décomposition

Les programmes

Je vous rassure tout de suite, je ne vais pas entreprendre un travail de fond exhaustif en détaillant chaque mesure. En revanche, cette partie se veut éclairante sur la raison des appellations "pire" et "extrême pire" en particulier.

Les résultats

F. Aguilera remporte l'échéance électorale, dès le premier tour, mais le fait majeur du scrutin est bien entendu l'abstention, largement gagnante, là où la démocratie ressort une fois de plus perdante. M. Perrinaud, copiste de F. Aguilera au journal La Montagne, avait signé le 7 mars un bon article sur l'abstention à Vichy, désignée comme vainqueur des scrutins. On découvre, avec le recul, que l'abstention des municipales 2020 à Vichy a même dépassé celle des européennes 2009.
Mais le miracle Aguilera est passé par là entre-temps et, tout à coup, la victoire de l'abstention est devenue une victoire du "très bien élu" F. Aguilera, "même au regard de l'abstention record". Le copiste du maire n'est pas à une contradiction près pour tenter de faire passer l'élection de F. Aguilera pour un choix issu de la majorité des habitants. Il parachève son oeuvre, dans cet autre article, où l'on apprend que "les Vichyssois ont plébiscité le maire LR sortant". La Semaine de l'Allier va même jusqu'à parler de "sacre", sans guillemets, en roue libre totale. Le choix de ce terme n'est pas anodin, dans une ville où l'on célèbre plus que de raison le Second Empire par rapport à la République.
La réalité, elle, est têtue : 74,97 % des Vichyssoises et Vichyssois inscrits sur les listes électorales n'ont pas voté pour F. Aguilera. A ce titre, je vous invite à être vigilants sur les projets qui seront proposés et votés par la municipalité au cours de ce mandat de 6 ans. F. Aguilera n'a pas notre blanc seing pour mettre en place les grandes lignes de son programme. Il faudra le marteler autant que nécessaire.

L'analyse à chaud des résultats de la part des deux têtes de liste PRG-EELV (I. Réchard et F. Skvor) est la même que F. Aguilera... et c'est triste : l'électorat de droite s'est mobilisé, pas celui de gauche. Pourquoi l'électorat de gauche se mobiliserait-il, d'autant plus dans le contexte de pandémie, pour une liste et un programme de centre-gauche ? Plus important encore, en conservant cet axe de réflexion sur l'électorat de gauche, celui de droite etc., il sera impossible de remporter une quelconque victoire électorale qui ait du sens. En effet, la majorité est abstentionniste et une partie non négligeable des électeurs est indécise, sans parler des non-inscrits. Voici l'axe à prendre en compte, celui des délaissés, des oubliés de la République, des dégoûtés de la politique... Alors, c'est sûr, c'est très compliqué, cela demandera davantage d'efforts, des manières différentes de faire de la politique, d'impliquer les gens de manière réellement inclusive, de briser ces habitudes qui tendent à chaque fois vers une forme d'entre-soi. Cela demandera du temps... En attendant, souhaitons que les 3 élus PRG-EELV remplissent leur rôle d'opposition et puissent servir de courroie de transmission des aspirations des habitants. Ils seront scrutés...

Vers 2026

Les prochaines élections municipales devraient avoir lieu en 2026. Après de trop longues décennies où la droite a eu le pouvoir, si nous voulons inverser la tendance, mener la bataille culturelle sera inévitable. Leurs idées, leurs mots, leurs façons de faire, de s'exprimer, leurs mesures sont ancrés dans la tête des habitants, c'est bien moins le cas des nôtres. Y réfléchir dès maintenant n'est donc pas un excès d'anticipation, bien au contraire, ni mon idée selon laquelle il faudra se lancer concrètement au moins en 2024.

Aujourd'hui, malheureusement, la communauté de communes dispose de compétences volées aux communes. Il sera ainsi important, si possible, de mener des batailles conjointes dans plusieurs communes de l'agglomération. Un premier point positif que je vois est que nous vivons dans un petit bassin de population, que des liens se sont déjà tissés entre les uns et les autres, que d'autres pourront se créer aisément. Discuter et se coordonner en deviennent un peu moins compliqués que dans de plus grandes agglomérations, en théorie du moins... Bien entendu, il faudra une cohérence de fond pour mener une bataille commune. Je lance l'idée de la création d'un label (via une association) qui définirait, de manière concise et suffisamment claire, les principes qui l'animent et qui pourraient être, par exemple : écologie, social, démocratie. Ces mots, simplement posés comme cela, peuvent être récupérés par n'importe qui et le sont déjà (LREM par exemple), d'où l'importance d'en préciser les contours. Une liste de l'agglomération (et son programme) qui respecte ces principes pourrait être labellisée. Des liens politiques concrets seraient établis et les électeurs auraient davantage de clarté.

De plus, je pense qu'il faut se donner deux ans pour prendre le temps d'aller vers les habitants, les associations, les commerçants, les syndicats, les collectifs en lutte, réaliser des auditions etc. Ces deux ans ou plus nous permettront aussi d'imposer dans le débat public nos idées, notre démarche, de nous faire connaître tout simplement. Ces deux ans de travail permettront, quand la campagne officielle des municipales sera lancée, de pouvoir se concentrer à 100 % sur la campagne en elle-même : actions de campagne, communication...

Tout ce travail effectué aidera énormément en cas d'élection, pour mettre en place les mesures promises, mais aussi pour les échéances municipales qui suivront, qu'il y ait eu victoire ou défaite avant, puisqu'un solide travail de base aura été effectuée en amont.

Bref, je vous présente quelques pistes de réflexion, d'idées, amenées à évoluer, à se parfaire. La réflexion est libre à chacune et chacun d'entre vous pour participer, dès à présent, au Vichy de demain.

Si en 2023 ou 2024, quelque chose de ce genre se fait, du moins dans cet esprit car cela peut être réalisé de diverses manières, je rejoindrai l'aventure avec plaisir si je vis encore dans le coin. Si rien ne se fait et que je suis encore dans le coin, je participerai à l'initiation d'une telle aventure.

p.s. : Si un article de La Montagne ne s'affiche pas en entier car vous en auriez trop consulté au goût du site, copiez le lien de l'article, ouvrez une fenêtre de navigation privée sur votre navigateur et collez-le. En tout cas, cette méthode marche pour moi (pas question que je mette un centime pour les pages politiques de La Montagne).
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J'ai pris quelques heures par semaine depuis mai ou juin (je ne me souviens même plus) pour rédiger cet article qui me tenait à coeur depuis plusieurs mois. Je suis souvent revenu en arrière pour ajouter, modifier ou retirer des éléments. Au final, la forme ne me convient pas particulièrement en ce qu'il s'agit d'un bon gros pavé (que j'espère pas trop indigeste à la lecture) mais je suis satisfait d'y exprimer tout ce qui y est exprimé. Vous trouverez sûrement que j'ai trop exploité certains points, que j'en ai zappé d'autres importants également et vous avez raison. Mes choix se sont opérés selon ma sensibilité du moment, ma réflexion sur l'avancement de l'article, mon humeur sûrement aussi etc. Le temps commençait à se faire long et je suis bien content d'en avoir enfin fini avec la rédaction de cet article. La recherche de sources a été le travail le plus frustrant car je savais depuis le début quelle trame aurait mon article, ainsi que, globalement, les sujets que j'allais traiter et les avis que je voulais donner donc de ne pas pouvoir avancer aussi vite que je l'aurais souhaité a été compliqué pour moi. D'un autre côté, cela m'a permis de prendre un recul positif et d'améliorer certains points, certaines formulations... tout en ayant conscience qu'il reste sûrement des coquilles, des oublis, des points pas assez développés etc. Certains d'entre eux feront l'objet, pour chacun, d'un article unique, parce qu'ils me paraissent importants et nécessitent d'être vraiment développés. Merci à vous d'être allés jusqu'ici dans la lecture.