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Au lendemain de son élection au premier tour des municipales, le maire sortant Frédéric Aguilera doit gérer la crise du COVID 19. Suite à la période de confinement, je vous propose l'analyse politique suivante, décomposée en plusieurs points qui m'ont marqué. Elle n'est donc pas exhaustive, aussi je vous invite à me faire part de vos observations sur Twitter, en attendant que je voie comment installer un module de commentaires ici, si jamais c'est possible. Le partage d'informations est essentiel en cette période. Cet article est donc susceptible d'être édité et corrigé au fil des informations glanées.

MASQUES

Pendant le confinement, certaines entreprises locales ont changé leur production pour fabriquer des masques et du gel hydroalcoolique, à destination du personnel soignant notamment. Dans le cadre de la sortie du confinement, la Ville de Vichy a choisi de distribuer des masques aux habitants de l'agglomération. Une commande a été passée auprès de deux entreprises : Porcher Industries (Isère) pour la région Auvergne-Rhône-Alpes et la société Sofama (Espinasse-Vozelle dans l'Allier) pour Vichy Communauté.

Preuve s'il en était qu'une réquisition des outils de production, planifiée au niveau national, aurait été bénéfique pour que chacun puisse bénéficier gratuitement d'un nombre de masques suffisant et, en premier lieu, le personnel soignant.

C'est ainsi que la Ville de Vichy s'enorgueillit de fournir 2 masques à tous ses habitants. C'est un mensonge, l'organisation de la distribution ne permettant pas de respecter une telle promesse.

Tout d'abord, un courrier d'information et de convocation a été adressé aux seuls inscrits sur les listes électorales de Vichy, un module de prise de rendez-vous en ligne permettant aux non-inscrits d'obtenir leurs masques. Or, en l'absence de courrier, comment ces derniers peuvent-ils être au courant de la distribution ? Un lien avec les associations de quartier a-t-il été fait à temps ? Le dispositif Vichy Solidaire (voir ci-dessous) a-t-il été mis à contribution pour cette tâche ? Silence radio de la mairie.

Pourtant, ce sont des questions très importantes à se poser, les non-inscrits étant des habitants comme les autres. Ils vivent notamment dans les quartiers populaires, ont donc plus tendance à connaître un certain isolement social et, de fait, un manque d'information. Le confinement avait créé des inégalités supplémentaires dans ces quartiers, du fait de la taille des logements, de l'éventuelle insalubrité, de la précarité des familles... Le désintérêt de l'Etat pour ces questions est abject. Il ne s'agit pas d'en rajouter une couche au niveau communal avec les masques, surtout quand ceux-ci sont rendus obligatoires dans plusieurs lieux (transports en commun, commerces etc.). Tout le monde ne pourra pas dépenser entre 100 et 200 € de masques par mois. Que l'on ne vienne pas en profiter pour stigmatiser les habitants de ces quartiers ! Expliquons la situation, partageons l'information. Les masques doivent être gratuits pour toutes et tous.

Hélas, cela ne veut pas non plus dire que tout est rose pour les personnes inscrites sur les listes électorales de Vichy. En effet, beaucoup n'ont pas reçu le courrier à temps voire ne l'ont pas reçu du tout, ce qui est mon cas. Suivant l'actualité communale sur le net, j'ai pu réagir à temps en appelant Vichy Solidaire et les applaudissements à 20 heures ont été l'occasion de s'informer entre voisins. Mais tous ne sont pas dans la même situation, loin de là. Combien d'habitants n'ont pas eu l'information à temps ? Quel stock de masques est-il disponible à cette heure ? Une nouvelle campagne de distribution est-elle prévue ou ces masques ont-ils leur destin scellé dans les immondes distributeurs payants de masques ? Quelles sont les "associations caritatives locales" concernées par la redistribution des recettes ? (et quelle part pour qui ?)

Evoquons maintenant les invisibles et les oubliés : les personnes fragiles. La mairie de Vichy annonce la distribution de 750 masques (donc à 375 personnes) aux "personnes les plus fragiles". Je salue le lien fait avec le CCAS pour cette distribution. Cependant, pour la mairie, qui rentre dans cette catégorie ? Toutes les personnes concernées par la liste du ministère ci-dessus devraient bénéficier d'une telle distribution, ainsi que les personnes ne pouvant pas se déplacer du fait de tel ou tel handicap.

Enfin, la Ville de Vichy a pris les devants pour ses commerçants et, en particulier, les petits commerçants. Voilà une initiative positive. Ainsi, des kits leur ont été distribués. Pour le moyen-long terme, une centrale d'achat sera créée. Il aurait été préférable que la distribution gratuite continue, certains métiers exigeant des utilisations plus répétées de masques et de gel hydroalcoolique, si les bonnes pratiques de ces produits sont respectées. Les coûts induits par ces achats peuvent rapidement constituer une charge assez grande pour des petites entreprises, déjà mises en difficulté par la crise sanitaire. Affaire à suivre sur cette histoire de centrale d'achat...

Après avoir bénéficié de la distribution de ces masques, nous devons les mettre et les porter. Pour cela, les instructions ne sont pas suffisamment claires, que ce soit sur le document de Porcher Industries ou sur le site du gouvernement. Ainsi, par exemple, si vous touchez votre masque (hors élastiques) ou si celui-ci entre en contact avec un autre élément que son sac dédié (par exemple), en théorie celui-ci doit être immédiatement enlevé car il a perdu son efficacité. Les conséquences ne sont en aucun cas expliquées sur les documents ni lors de la remise des masques, où le moment est pourtant privilégié pour faire de la pédagogie à ce niveau... et permettre aux personnes illettrées, entre autres, de savoir comment faire. Le manque de préparation de la population est total à ce niveau. Nous pouvons constater les mauvais usages à la pelle dès que l'on met le nez dehors : masques sur la tête, sous le menton, qui ne recouvrent pas le nez et la bouche etc. La Ville de Vichy avait l'occasion, une fois de plus, de pallier un manque de l'Etat. Elle ne l'a pas fait, participant à une mise en danger de la population.

Le nombre de masques mis à disposition est assez faible, même si c'est déjà cela. En effet, nous en avons pour 20 utilisations (2 masques pouvant être utilisés 10 fois chacun), peut-être un peu plus si vous les laissez pendre entre deux utilisations si l'on en croit certains médecins. C'est vite fait : une mauvaise manipulation vous en grille déjà une, si vous devez le porter à votre travail, vous en aurez besoin au minimum de 2 (car efficaces pendant 4 heures) par jour etc. De plus, encore faut-il que ces masques ne se détériorent pas au lavage. Or, des témoignages affluent sur Facebook (cf pages de la Ville, Vichy Solidaire, groupes...) : les masques peuvent rétrécir au lavage, les rendant inutilisables. A ce souci majeur, la Ville de Vichy a réagi, enfin... partiellement. Il fallait se déplacer et, au-delà du 15 mai, si j'en crois cette annonce, c'est perdu, tant pis, allons racheter des masques. Je ne vois pas, dans des cas comme celui-ci, ce qui empêche de distribuer gratuitement les masques présents dans les distributeurs ou restant en stock, plutôt que d'imposer le seul choix de l'achat à de nombreux habitants. Là encore, la communication a pris le pas sur la réalité, au grand dam des Vichyssoises et Vichyssois.

D'ailleurs, en parlant des stocks, après ces phases de distribution, quel est le stock de masques à disposition de Vichy Communauté ? (y compris ceux qui ont été mis dans les distributeurs)

Beaucoup de questions se posent, comme vous le voyez, et c'est un problème. Il est signé par le manque de transparence d'Aguilera qui a multiplié les coups de communication (directs Facebook, BFM TV, déclarations d'envergure...), induisant des prises de décision positives aux yeux de ceux qui n'iront pas chercher plus loin. C'est l'arbre qui cache la forêt. A nous, milliers d'arbres de cette forêt, bien plus nombreux, de nous révéler.

La première révélation est la suivante : tous les habitants de Vichy n'ont pas reçu leurs masques, des manquements de la mairie l'ont empêché et la communication d'Aguilera les a dissimulés.

Bravo et merci à l'ensemble des bénévoles qui ont tout de même permis à ce que de nombreux habitants soient dotés de masques. Bravo et merci à l'ensemble des entreprises, des travailleuses et travailleurs, des particuliers qui ont conçu des masques, des blouses, du gel etc. pour les soignants.

TRANSPORTS PUBLICS

Les bus de Vichy ont été rendus gratuits depuis le 24 mars, ce qui est bien, avec un fonctionnement en horaires d'été, ce qui se comprend au vu du confinement.

Une fois ce confinement levé, des mesures ont été prises, afin de limiter le risque sanitaire. Néanmoins, deux points m'interpellent et me semblent inadaptés : les bus seront gratuits jusqu'à la fin du mois de mai, alors que l'état d'urgence sanitaire est prolongé au moins jusqu'au 10 juillet. Voici le résultat d'une "ville bien gérée".

D'un autre côté, malgré la réouverture progressive des écoles et la fin du télétravail pour de nombreuses personnes, les horaires d'été ont été maintenus dans un premier temps, ce qui signifie un service moindre. Le risque de cette mesure est que davantage de voyageurs soient présents dans les bus à certaines heures de la journée, au lieu d'être disséminés dans deux bus différents. Déjà que les bus sont un gros point faible de Vichy (lignes pas adaptées aux besoins de la population, problématique du pont jamais réglée, horaires trop espacés et pas tenables en terme de ponctualité, tarifs...), on arrive encore à faire pire alors que la situation impose, au contraire, d'être à la hauteur pour protéger la population. Cela dit, au 18 mai, le niveau de service a été augmenté, en particulier pour les principales lignes de bus, ce qui me semble déjà plus responsable bien qu'insuffisant.

SURVEILLANCE ET CONTRÔLE

Un autre enjeu du confinement était de s'assurer du respect des règles de confinement. Pas de surprise, le maire a appliqué une politique de droite : surveillance, répression et culpabilisation. La surveillance passe par une promotion des caméras de surveillance de la ville. Pour info ou rappel, la commune de Vichy est la commune d'Auvergne qui en compte le plus, pour une efficacité très limitée, au prix de violations certaines de la vie privée, du climat anxiogène qu'elles instaurent et d'un argent public (le nôtre) dépensé pour une grande partie en l'air. Bref, je pourrais divaguer longuement à ce propos mais ce n'est pas le sujet ici donc je le ferai une autre fois. Cette communication montre tout simplement une volonté de justifier l'existence d'un tel dispositif de vidéosurveillance.

S'agissant du contrôle et de la répression, la police municipale est utilisée, en plus des effectifs de la police nationale. Les chiffres montrent qu'ajouter plus de contrôle a très peu servi. La population, très majoritairement, a respecté le confinement (je n'ai pas de source pour l'ensemble de la période de confinement).

La police municipale aurait ainsi été bien plus habilement utilisée à des fins de prévention, ainsi que pour faire le lien entre les gens qui ont du mal à respecter le confinement (familles nombreuses, petits logements, logements insalubres, foyers...) et les différents services susceptibles de les aider. Par ailleurs, dans quelles conditions ont été envoyés au charbon les agents ? Etaient-ils dotés de suffisamment de masques, de gel hydroalcoolique, d'explications sur leur bonne utilisation ?

Ajouter du contrôle au contrôle ajoute de la "justice dans la rue", un arbitraire roi à la source de tous les abus possibles. Outre des abus en terme de verbalisation, de nombreuses violences insupportables et insoutenables ont été commises par des officiers de police, représentants de l'Etat de droit, doit-on le rappeler.

A Vichy, le mot d'ordre de la ville était "Restez chez vous", affiché en gros, sur un fond rouge... En effet, il était important de rester chez nous dès lors que l'on pouvait le faire. Nous avons également vu les limites de cette injonction, dont certaines citées plus haut ici. Je rajoute les nombreux travailleurs qui ont dû se rendre sur leur lieu de travail. Ainsi, se limiter à dire "Restez chez vous", de la part d'une municipalité, la dispense de la pourtant nécessaire réflexion autour de ceux qui ne le peuvent pas et leur permet de justifier d'autres mesures. Le maire a un mandat électoral, est donc une personnalité publique et politique dont on attend une réflexion et des actes à la hauteur de ses responsabilités : le non-dit en dit long... Apparemment, il préfère critiquer les gens qui donnent leur avis et suivre béatement le gouvernement. Dépolitiser le moment est la meilleure manière de se dédouaner.

L'ensemble des mesures prises, en termes de surveillance et de contrôle, participent ainsi à culpabiliser la population qui subit la pandémie et n'en est pas une cause directe.

DISPOSITIF VICHY SOLIDAIRE

Pendant le confinement, Vichy a lancé son dispositif Vichy Solidaire. Ce dispositif a servi à accueillir des bénévoles pour des actions de solidarité concrète. C'est également et surtout un numéro vert servant à renseigner les habitants sur tout ce qui concerne le COVID 19. Comme le mentionne la page, il s'agit d'un "re-déploiement des agents territoriaux".

Quelles sont les actions concrètes issues de Vichy Solidaire ? C'est une nouvelle question à laquelle je ne peux répondre par manque d'information. Pourtant, la municipalité aurait bien plus à gagner à communiquer là-dessus, plutôt que sur le nombre d'appels ou de bénévoles, données abstraites.

Notons que la ville aurait simplement pu informer de la création d'un numéro vert, au lieu de créer l'illusion d'un nouveau dispositif qui est, je le rappelle, un "re-déploiement des agents territoriaux." Vichy Solidaire, en soi, est donc plutôt factice : on appelle la mairie et elle nous renseigne, quelle nouveauté ! C'est surtout normal.

Vichy est-elle solidaire, quand elle dit mettre à disposition de ses habitants des attestations dérogatoires, en omettant d'informer qu'elle en donne seulement une par personne (sur format A5, deux si vous insistez car la personne qui partage votre foyer n'est pas avec vous) ? Est-ce solidaire envers les personnes qui, par exemple, n'ont pas d'imprimante / pas internet / illettrées ?

Enfin, le 15 mai, j'ai reçu dans ma boîte aux lettres, comme bon nombre de Vichyssoises et Vichyssois, un "numéro spécial" signé Vichy Solidaire, informant en fait des mesures prises par la ville. Les habitants n'ayant pas été informés de la distribution de masques ont dû être bien hébétés (et embêtés) de la découvrir après coup. Voici un document de propagande municipale bien servi, sous couvert de solidarité.

Encore une fois, la communication a dominé les actes, a dominé la transparence, en temps de crise sanitaire. A Vichy, le non-dit est plus important que ce qui est dit. C'est anormal.

NETTOYAGE DES RUES

Pour préparer la sortie du confinement, un nettoyage à haute pression des rues du centre-ville et du mobilier urbain a été fait... à l'aide d'un viruscide. Les bras m'en tombent.

D'une part, ce type de nettoyage est dangereux : il disperse les bactéries et virus dans l'air ambiant, touchant potentiellement d'autres zones et donc des gens. Les premiers touchés sont les agents qui ne sont pas entièrement protégés, comme les photos de la ville (cf lien Twitter ci-dessus) le montrent bien : l'agent de la quatrième photo est particulièrement concerné, les avant-bras découverts, aucun vêtement de sécurité spécifique... On se sert d'eux et on les met en danger pour quelques photos et des phrases rassurantes, bref, vous l'avez compris maintenant, pour de la communication. De plus, ces eaux chargées de métaux et de bactéries finissent dans le circuit d'épuration, créant de nouvelles difficultés.

D'autre part, ces bactéries et les particules de viruscide se retrouvent sur la végétation et les animaux. C'est une pollution de la biodiversité. Rappelons que les services municipaux n'ont pas le droit d'utiliser de pesticides sur la végétation depuis quelques années. D'un point de vue légal, je pense que la ville ne risque rien car cela est fait de manière indirecte mais d'un point de vue éthique et, surtout, écologique, c'est désastreux. En outre, ce viruscide, dispersé dans le centre-ville, est un danger potentiel pour les habitants et les passants qui peuvent l'inhaler.

J'en profite pour poser de nouvelles questions : quelle est la composition de ce viruscide ? Auprès de qui la commande a-t-elle été passée ? D'où viennent les eaux utilisées pour ce saccage (et non "nettoyage") sanitaire et environnemental ?

ECOLES

Le gouvernement a organisé la rentrée des classes dès la levée du confinement. Les communes avaient alors le choix de rouvrir leurs écoles ou non. Vichy avait, une fois de plus, l'occasion de se démarquer et de protéger ses habitants, de faire valoir un principe de précaution de plus en plus oublié et pourtant essentiel pendant cette crise sanitaire. Qui plus est, au COVID 19 se rajoute cette inquiétude de la maladie de Kawasaki qui touche les enfants.

Aguilera et Claire Grelet, son adjointe aux affaires scolaires, ont pris la décision de rouvrir les écoles de Vichy. Ils auraient pu (dû) fonder leur décision de réouverture sur le bon sens des parents qui ont été très peu à inscrire leurs enfants à l'école, ainsi que sur les alertes du personnel de l'Education nationale. A la place, ils ont décidé d'ouvrir sur la base que peu d'enfants sont inscrits et que les conditions sanitaires peuvent être respectées... tout en se targuant de rajouter des conditions supplémentaires. Le document ubuesque d'une cinquantaine de pages envoyé aux personnels ne devait pas encore être assez technocratique comme cela. Aguilera et Grelet l'ont-ils lu avant de prendre une telle décision ? Ont-ils conscience de ce que tout cela implique pour des enfants en bas âge ?

Dans tous les cas, ils participent à un cas grave de maltraitance des enfants en compagnie de l'Etat. La "continuité pédagogique" est un leurre, les écoles auraient dû toutes rouvrir en septembre seulement (sous réserve de la situation épidémique à ce moment-là).

A un moment donné, les responsables politiques à l'origine de ces décisions devront rendre des comptes à la population. On n'oubliera pas !

Notons l'article de La Montagne qui, comme à son habitude, fait un copier-coller des mesures de la mairie, sans recul ni place faite aux oppositions politiques et syndicales. Je pense que j'aurai l'occasion de revenir sur les collusions locales, dans de futurs articles.

ECLAIRAGE PUBLIC

Pendant le confinement, en quoi l'éclairage public, la nuit, était utile ? Des dépenses auraient pu être facilement évitées et la biodiversité urbaine aurait pu connaître un répit.

Cela aurait été un acte écologique simple et efficace qui aurait pu déboucher sur un débat public sur ce sujet. En effet, la pollution nocturne est un sujet d'envergure lorsque l'on parle d'écologie. Le maire se dit sensible à l'écologie, qu'il le prouve au lieu de couler le béton un peu partout à Vichy, souvent pour des raisons purement esthétiques.

Outre les lampadaires, cela aurait été l'occasion de remettre en cause les panneaux de publicité numériques et les différentes enseignes qui maintiennent des lumières allumées la nuit.

L'écologie a été la grande absente de ce confinement dans la communication municipale. Ce silence est évocateur, au même titre que les autres non-dits explicités ici.

SOIGNANTS

Nous attendons de responsables politiques qu'ils se prononcent sur les sujets qui nous préoccupent. La crise sanitaire a mis sur le devant de la scène le personnel soignant, dont les conditions de travail étaient déjà en souffrance auparavant. Or, tout ce que le maire a su faire, c'est dire "merci" et "bravo". Cela permet de se défausser politiquement, tout en faisant croire à un soutien politique.

Alors que les soignants manquent de personnel, de blouses, de masques, de moyens en général, tout ce que la mairie fait est de la communication à base de bravos, de remerciements, on va allumer quelques loupiotes bleues et basta ! C'est indécent. Je rappelle, à toutes fins utiles, que la ville de Vichy et Vichy Communauté ont 4 membres au Conseil de surveillance de l'Hôpital de Vichy, que le maire de Vichy en est également membre en qualité de représentant de Riboulet (Président du Conseil départemental de l'Allier). Leur position doit donc aller plus loin, leurs rôles l'imposent !

Mais est-ce vraiment étonnant quand on sait que pour Aguilera, le problème ne vient pas du manque d'investissement public mais de la "bonne gestion" à avoir ? Vous avez entendu les soignants ? Organisez-vous mieux dans votre travail, vous êtes assez bien payés et avez assez de moyens d'après lui. Non, Monsieur le Maire, revenez les pieds sur Terre deux minutes, c'est simple, basique...

LES SANS-ABRI

Certains sans-abri de Vichy ont été placés en foyer au Vernet, accompagnés et dans des conditions apparemment dignes, si l'on en croit la mairie. Petit aparté : sur des sujets comme celui-ci, qu'il serait bon que des journalistes enquêtent, interrogent... Ont-ils bénéficié d'un test au COVID 19 ?

Quid de tous les autres sans-abri de l'agglomération : aucun logement vacant n'a été réquisitionné, les hôtels ont-ils été contactés ? Les hébergements habituels du 115 ne sont pas du tout adaptés au niveau sanitaire.

En tout cas, ils peuvent subir la justice dans la rue via l'acharnement de la BAC (brigade anticriminalité) et subir une loi qui permet aux juges de condamner un sans-abri (ne sachant ni lire ni écrire) pour non-respect du confinement. Bienvenue à Vichy ! Pardon, bienvenue à Vichy Solidaire !

LA CULTURE

On a l'impression, à en lire les publications de la mairie et du maire, que seul l'Opéra existe pour aller voir un spectacle culturel (humour, musique...) à Vichy. Ce n'est plus étonnant, lorsque l'on sait qu'Aguilera a nommé Martin Kubich, Directeur de l'Opéra, pour être le nouveau Directeur de la Culture à Vichy (poste qui n'existait pas avant, créé sur-mesure, son adjointe s'occupant alors des affaires culturelles).

Les autres lieux, les artistes et compagnies locaux moins connus sont invisibilisés. Pourtant, la crise sanitaire les touche durement, leurs revenus étant ponctuels, quand revenus il y a.

Quant aux lieux, j'en connais un qui a été durement touché : le BACK STEP café-théâtre. Leur survie dépend d'une campagne de dons actuellement.

CONCLUSION

J'aurais pu évoquer d'autres points, par exemple la notion de service public d'Aguilera. Elle se traduit pour lui par une obligation pour les agents de prendre tous les risques, quelles que soient les conditions sanitaires, comme en attestent ses propos sur La Poste. Cela rejoint le paragraphe Nettoyage des rues ci-dessus.

L'écriture de cet article m'a demandé plusieurs heures de travail, notamment en ce qui concerne la recherche de sources. Je ne le ferai pas pour tous les articles de ce blog mais c'est un choix politique de le faire pour des articles qui concernent la vie vichyssoise. En effet, le discours de la droite a pignon sur rue depuis des décennies, pas seulement car la presse politique locale lui est globalement acquise, mais tout simplement car elle est à la tête de la mairie depuis tout ce temps.

Ainsi, si nous voulons espérer un autre Vichy à l'avenir, le travail ne doit pas se résumer à une bataille électorale et aux débats du Conseil municipal. L'information est le nerf de la guerre et j'estime qu'il est nécessaire de s'y atteler. C'est donc ce que je fais ici, avec mon point de vue d'insoumis. Je ne suis pas le premier et ne serai pas le dernier : je veux citer entre autres Pensez BiBi et Simon Rötig qui transmettent et analysent l'information, chacun à leur manière et avec leurs propres points de vue.